Je viens de finir la lecture du Banquet de Platon. Bon… je l’avoue… j’ai eu du mal, je pense même avoir lu environ 75 % de l’ouvrage en pensant à autre chose, du genre : « mes yeux bougent, ça ok, ils arrivent bien à capter des mots qui semblent former des phrases, très bien, et là pouf pouf, c’est complètement bloqué à l’entrée du cerveau, ça veut pas entrer et… oh ! c’est les soldes ! mais va falloir que j’aille faire un tour dans les boutiques ! ».
Et non je n’en suis pas fière, mais je ne suis pas une grande lectrice, et j’avoue m’être lancée dans la lecture de cet ouvrage uniquement pour pouvoir me la jouer. A ce fameux banquet les invités font tour à tour un discours sur l’Amour. Tous ont apparemment bien picolé la veille et décident sagement de ne pas trop se lâcher ce soir là.
75 %, ça nous laisse 25 % de taux de captation, et dans ces 25 % un passage a particulièrement attiré mon attention : le discours d’Aristophane. Dans la vraie vie, il est auteur comique, et peut-être qu’il signe là une nouvelle farce car il nous apprend qu’avant, on était des grosses boules, tout à fait oui, des grosses boules. Et voici comment il explique la chose.
Aristophane évoque des temps anciens, où les êtres humains avaient l’apparence de grosses boules, avec 4 bras, 4 jambes, 1 tête à deux visages, deux sexes. Ces boules comportaient 3 genres : le mâle, enfant du Soleil qui portait deux sexes d’homme ; la femme, enfant de la Terre qui avait deux sexes de femme ; et l’androgyne, enfant de la Lune qui avait un sexe d’homme et un sexe de femme. Ces êtres humains primitifs roulaient pour se déplacer, et avaient une attitude très orgueilleuse à l’égard des Dieux. Pour les punir Zeus décide de les couper en deux, et de tourner leur tête dans le dos : d’une part ils seront plus faibles et auront moins d’énergie pour se la péter, d’autre part ça doublera leur nombre donc leurs offrandes aux Dieux (pas bête Zeus, il pense à tout, il peut vous sembler un peu hardcore mais apparemment les boules étaient vraiment pénibles). Voici donc que l’être humain se retrouve coupé en deux et que, tout penaud, il déambule comme une âme en peine, à la recherche de sa moitié. Sauf que ces nouveaux humains ne peuvent copuler, techniquement ils ne sont pas bien conçus, ce qui engendre une vague de dépression et d’inaction. Zeus s’en veut un peu alors il déplace leurs sexes de l’autre côté du corps. Et là ça repart, les demi-hommes cherchent leur autre moitié homme, les demi-femmes cherchent leur moitié femme, et enfin les moitiés d’androgynes qui cherchent leur autre moitié, et qui sont les seuls à pouvoir procréer étant l’accouplement d’un homme et d’une femme.
La morale de cette histoire de boules c’est que, selon Aristophane, ce que l’on appelle « Amour » est cette recherche de fusion entre deux êtres de même nature, cette envie irrépressible de ne faire qu’un avec l’autre, dans le seul but de retrouver le bonheur d’être une seule et même grosse boule.
L’autre morale, c’est que Zeus était un sacré enfoiré !
En tout cas je tenais à partager ma joie d’avoir retenu au moins ce passage de l’ouvrage, et d’avoir appris comme l’imagination des philosophes pouvait être débordante. Je rappelle cependant qu’ils avaient beaucoup trop bu la veille
Promis, la prochaine fois je fais un article 4 fois plus long !
Lor
